Notre mode de vie détermine ce que nous devenons

 

Le développement personnel, notion née au croisement de la philosophie du Far West et du protestantisme, est en vogue. Ses adeptes ont des références qui vont du self-help guru Anthony Robbins au moine bouddhiste Thich Nhat Hanh.

Neil Strauss résume bien le grand écart opéré par le mouvement du développement personnel. Initialement reconnu comme pick-up artist (homme capable de ramener chez lui n’importe quelle jeune femme en moins de quelques heures) et auteur de la Bible de la drague The Game, il s’est fait interner dans un centre de réhabilitation pour addiction au sexe pendant plusieurs semaines. Depuis, il suit un chemin plus spirituel basé sur la reconnection à soi-même, l’acceptation de sa part d’ombre et le pardon pour les erreurs passées.

Au-delà de cet océan de divergences, le développement personnel est un ensemble d’outils visant à améliorer notre bien-être. Ses différents aspects sont :
•L’image de soi, qui détermine notre estime de soi, notre croyance à réussir ou non, que l’on estime ou non mériter d’être heureux, etc.
•Notre environnement social qui comprend le nombre et la qualité de nos relations, et le degré de connexion subjectivement ressenti ;
•Nos habitudes, pensées récurrentes et comportements automatiques ;
•La santé physique, dont cérébrale, qui détermine une grande partie de notre énergie, humeur et émotions ;
•Notre situation économique, nécessaire au sentiment de sécurité.

Poser les fondations : apprendre à gérer son stress

Une bonne gestion du stress est primordiale pour initier un changement dans notre vie. En effet le stress, mesuré dans le corps par le taux de l’hormone cortisol, réduit le fonctionnement du cortex préfrontal (responsable des fonctions exécutives et de la réflexion à long terme) au profit de l’amygdale (centre des émotions, dont la peur et le désir à court-terme). Nous sommes alors impulsifs, désagréables et obtus.

Pour réduire le taux de cortisol sanguin, voici trois stratégies simples et efficaces :
•Misez sur un sommeil de qualité, d’environ 7 heures par nuit et sans utiliser de lumière bleue, dont les écrans, pendant au moins deux heures avant de vous coucher ;
•Pratiquez la méditation non-directive ou la respiration profonde une à deux fois par jour ;
•Et développer des émotions positives que ce soit par un journal de gratitude quotidien, une lettre d’auto-compassion hebdomadaire, ou d’autres outils.

L’introspection au service d’une transformation profonde

Une fois les fondations posées, il faut aller plus loin que colmater les fuites avec du scotch. Pour cela, il faut se réapproprier le cadre interprétatif à travers lequel nous concevons nous-même, notre environnement et le monde dans son ensemble. C’est un processus long et parfois inconfortable, puisqu’il requiert que l’on se confronte à ce qu’on cherche généralement à éviter et qu’on se remette en question.

Le premier outil pour atteindre cet objectif est la méditation, non-directive ou de pleine conscience. La méditation nous permet de prendre du recul par rapport à nos schémas de pensée et à dénouer des blocages psychologiques, aussi appelés croyances limitantes.

Le second consiste à s’approprier un regard extérieur sur notre façon d’être et de penser, ce qui permet de dépasser nos biais cognitifs qui nous aveuglent souvent. Cela passe par le fait de voir un psychothérapeute, coach, ou simplement des discussions “profondes” et introspectives avec un ami.

Pour cela, je vous propose un exercice : trouvez un ami et, pendant au moins cinq minutes, demandez lui de vous poser des questions sur une émotion difficile et assez intense que vous avez récemment ressentie. Qu’il continue de vous questionner jusqu’à ce que vous ayez trouvé la raison profonde qui se cache derrière cette émotion — probablement une autre émotion, réprimée, ou une représentation de vous-même que vous avez internalisée. Cette discussion sera sans doute désagréable, et c’est d’ailleurs un signe qu’on vous pose les bonnes questions.

Enfin, la tenue d’un journal émotionnel — différent, par exemple, d’un journal de gratitude — permet de poser des mots sur ce que nous ressentons, de connecter entre elles des pensées qui font partie d’un même raisonnement, et donc de prendre du recul par rapport au manège de la pensée. Avec le temps, nous décelons des schémas et nous nous comprenons davantage.

Un environnement qui nous pousse dans la bonne direction

Aujourd’hui nous savons que nous sommes, dans nos comportements, la moyenne des cinq amis que nous côtoyons le plus. En effet, nos amis nous influencent considérablement, pour le meilleur ou pour le pire — pensez à la façon dont vous vous sentirez demain si, ce soir, on vous propose plusieurs “derniers shots” consécutifs ou si, au contraire, un ami vous rappelle que vous vous êtes mis d’accord pour faire du sport ensemble avant de dîner.

Il faut donc se rapprocher de personnes qui nous attirent pour les bonnes raisons. Nous avons tous en nous deux forces opposées, l’une d’amélioration et l’autre de destruction, et une personne peut nous attirer pour l’une ou l’autre de ces forces. Il nous appartient de suivre notre envie de s’améliorer, y compris dans le choix de nos relations.

En même temps, avoir les meilleurs amis du monde sera peu utile si nous ne nous dévoilons pas. En nous montrant tels que nous sommes, vulnérables, empreints de doutes vis-à-vis de nous-même, nous ouvrons la possibilité à une réponse empathique et pleine de compassion de leur part.

Nous nous rendons alors compte que nos défauts, notre part d’ombre, ne nous rend pas mauvais ou anormaux, mais humains — et une partie de la honte intégrée à l’image que nous avons de nous-même se dissipe, nous nous reconnectons un peu plus à qui nous sommes.

Un mode de vie cohérent pour une transformation profonde

Le développement personnel est un élan de tout notre être, en interaction constante avec notre environnement : il part d’une volonté de s’améliorer soi-même, et doit aussi inclure un changement de notre environnement afin qu’il soit propice à cette évolution. Un cercle vertueux se créé, et notre environnement peut devenir un support. La gestion du stress, l’établissement d’un cercle social positif et une bonne santé émotionnelle facilitent grandement l’amélioration de soi à long terme opérée grâce à une ou des pratiques introspectives.

 

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Remy Roche – Membre de United Spirit

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